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La nouvelle production de l'A24,Ramenez-la, arrive avec l'espoir de répéter le succès deParle moi, mais cette fois par les frères Philippou dans un registre plus sombre et psychologique. Le film aborde le thème du deuil pathologique avec un mélange de terreur surnaturelle et de drame familial, aboutissant à une expérience qui brille à des moments spécifiques mais ne parvient pas à maintenir une intensité constante tout au long de ses séquences.
Les premières minutes : donner le tonsoit
Le film présente les frères et sœurs Andy (Billy Barratt) et Piper (Sora Wong) au moment le plus sombre de leur vie : la découverte du corps sans vie de leur père dans la salle de bain familiale. La scène est tournée avec une crudité réaliste qui évite le sensationnalisme, montrant la mort comme un événement brutal et dévastateur. Ce ton est maintenu lorsque le système d'accueil les emmène chez Laura (Sally Hawkins), une ancienne assistante sociale qui vit dans un manoir isolé. Les premiers signes que quelque chose ne va pas apparaissent subtilement : fenêtres verrouillées, portes cadenassées et présence inquiétante d'Oliver (Jonah Wren Phillips), un autre enfant adopté par Laura qui présente de graves symptômes d'un certain déséquilibre mental et qui ne parle pas.
L’évolution : entre drame familial et tension montante
Au fil des jours, la routine chez Laura devient de plus en plus oppressante. Andy essaie de protéger Piper, qui est aveugle et particulièrement vulnérable, tout en faisant face à son propre chagrin non résolu. Laura, de son côté, fait preuve d'un comportement de plus en plus obsessionnel avec le souvenir de sa fille décédée, Cathy, noyée dans la piscine du jardin. Sally Hawkins livre une performance solide, traduisant la dualité douloureuse d'une femme qui oscille entre une véritable compassion et une obsession pathologique. Cependant, le scénario ne rend pas toujours justice à son talent, passant trop de temps sur des scènes de dialogue qui ralentissent le rythme sans apporter une réelle profondeur aux personnages.
La tension surnaturelle monte progressivement, principalement à cause du visionnage répétitif d'une cassette VHS illustrant des rituels occultes. Ces éléments, bien qu’efficaces sur le moment, perdent en impact du fait de leur récurrence. Le tournant se produit lorsqu'Andy, submergé par les abus et les manipulations constants de Laura et soupçonnant que quelque chose de grave va arriver à Piper, rend visite à l'assistante sociale qui les a abandonnés en adoption et découvre des informations troublantes sur Oliver. Ce rebondissement, bien qu’intéressant, souffre parfois d’une exécution prévisible.
Le point culminant : attentes et réalité
La dernière partie du film augmente l'intensité avec des scènes qui profitent efficacement du décor claustrophobe. Et la confrontation finale comporte des moments visuellement puissants, même si elle souffre d’une certaine conventionnalité dans sa résolution. Le film choisit de maintenir un ton ambigu quant à la nature surnaturelle des événements, laissant libre cours à l'interprétation pour savoir si les forces obscures étaient réelles ou le produit de l'esprit perturbé de Laura. Il en va de même pour quelques scènes avec des apparitions ou des voix qui ne devraient plus être là. Coïncidence, confusion ou réalité surnaturelle ?
Réflexions finales : une proposition en clair-obscur
Ramenez-laest un film qui propose une exploration intéressante du deuil maternel, soutenue par une performance remarquable de Sally Hawkins. La mise en scène des frères Philippou fait preuve d'habileté à créer des atmosphères oppressantes. Cependant, le film souffre d'un rythme irrégulier et d'un développement narratif qui privilégie parfois le décor plutôt que la cohésion de l'intrigue.
Il est évident que le film aspire à s'inscrire dans le canon de l'horreur psychologique centrée sur le deuil, à la suite d'œuvres commeHéréditairesoitLe Babook. Et même s'il est discutable de savoir s'il est à la hauteur de ces productions ou non, il offre une expérience solide à ceux qui apprécient l'horreur atmosphérique et les performances intenses. Il est susceptible de satisfaire les fans d'A24 et des frères Philippou, même s'il risque de laisser quelque peu froids ceux qui recherchent une proposition plus innovante ou toujours terrifiante.
Quelques curiosités sur la ramener:
- Sora Wong n'avait "aucune expérience" d'acteur professionnel avant d'être choisi pour le film. Sa mère est tombée sur un casting sur Facebook à la recherche d'une fille malvoyante. Wong est née avec un colobome et une microphtalmie, ce qui l'a rendue aveugle de l'œil gauche, avec une vision très faible de l'œil droit.
- Un site de liens dédié à l'univers de Bring Her Back and Talk To Me appeléblackangeltapes.netfournit plus d'informations sur la façon dont Laura en est arrivée à posséder la bande rituelle de possession dans le film, ce que signifient les mouvements circulaires qu'elle trace sur la fenêtre et sur la tête d'Ollie, et pourquoi le démon qui possède Ollie a constamment faim.
- Les rituels présentés sur la cassette VHS sont basés sur de véritables traditions slaves, bien que fortement dramatisés pour le film.
Et en bonus :Le chat meurt-il dans Bring Her Back ?Eh bien, si vous avez quitté le film quand Ollie emmène le chat à la piscine, ou si vous avez entendu parler de cette scène et que vous ne vouliez plus la regarder, ne vous inquiétez pas, vous pouvez la regarder. Il n’y a pas de scènes désagréables avec le chat.
Et vous, l'avez-vous déjà vu ? Si oui, qu'avez-vous pensé de la fin ? Laissez-nous vos commentaires ci-dessous.

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